Un autre regard sur la vieillesse

La période de notre enfance reste graver tout au long de notre Vie. Tout en l’adulte « respire » son enfance. Sa capacité à vivre dans l’instant présent, à s’amuser spontanément, à ne pas se prendre au sérieux, à faire des farces, à ne pas se soucier du regard extérieur, … bref à tout ce que trop souvent l’adulte s’interdit.

Pour certains, cet « enfant intérieur » n’existe plus en devenant adulte. Il fait partie du passé. Il est lié au temps, donc pour ces personnes il semble illusoire de croire qu’en la personne âgée vit toujours son enfant intérieur.

Peinture montrant un homme avec un foulard bohème

Nous cohabitons toute notre Vie avec notre enfant intérieur. Nous pouvons retrouver notre enfant intérieur à tout moment, il suffit de s’y replonger. Nos souvenirs sont gardés dans notre conscient, notre subconscient et aussi dans notre inconscient.

Même et surtout si nous n’en avons pas conscience, il nous nourrit continuellement et nous apporte des moments d’insouciance, des moments de rires, des moments hors du temps où l’imagination devient créativité et joie permanente.

Si l’enfant n’a pas pu jouer, s’amuser, l’adulte et plus tard le vieillard, ne pourront retrouver ces moments en lui.

Si nous n’avons pas de souvenirs d’émerveillement, il nous manque le référentiel de l’enfance. Il est toujours possible de s’émerveiller à tout âge, mais ce n’est pas le même émerveillement. L’enfant s’émerveille d’un vol de papillon, d’un coquillage, d’un lézard, d’un regard aimant, d’une musique qui le fait vibrer ou danser librement…. de choses simples empreintes pour lui d’une forme de magie… Pour lui la Vie est magique.

L’enfant joue naturellement et vit dans l’intemporel continuellement, sauf si on l’en empêche pour une raison sérieuse ou par une éducation trop stricte.

Après la traversée de la Vie, la personne âgée retourne son regard vers l’intérieur, vers le passé, c’est naturel. Une alliance se crée alors par résonance entre son enfant intérieur et son âge avancé. Cette alliance naturelle lui permet de retrouver le goût et la saveur des moments vécus avec une sensation d’infini où elle peut se perdre, … d’intemporel où seul l’instant est vivant… avec des moments d’extase (que Graf Dürckheim nommaient « numineux ») qu’elle peut retrouver, … des moments de tendresse, d’écoute, de partage, de jeux, de rires, avec un parent, un grand-père ou une grand mère… ou toute autre personne qui lui a manifesté de l’attention et de l’amour inconditionnellement.

Oui, une personne âgée peut paraître parfois naïve, rêveuse et insouciante, qu’elle ne découvre qu’en entrant dans la maturité de son âge avancé.

Oui un vieillard peut avoir des étoiles dans les yeux, rire, s’amuser, danser… vivre relié à son enfant intérieur devenu Présence.

Tout est inscrit en nous, et à mes yeux, l’enfance est la dimension de la vieillesse.

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